Diagnostiquant que l'ergonomie "classique" des contenus e-learning peine à retenir les apprenants, quelques "romantiques" dopés à l'innovation veulent lutter contre le taux d'abandon...
Les services formation et leurs fournisseurs de solutions e-learning que nous rencontrons le confirment : le marché du e-learning a vraiment démarré.
Il y a un peu de méthode Couée là-dedans, car il s'agit aussi de conjurer le faux départ originel et les errances qui ont suivi. Et, sans doute cette affirmation désire-t-elle secrètement s'ériger en prophétie auto-réalisatrice, librement dérivée du théorème de Thomas : "Si les acteurs du e-learning considèrent des situations comme réelles (le fort développement du e-learning), alors elles le deviennent dans leurs conséquences (le fort développement du e-learning)" !
En même temps, les chiffres en notre possession le confirment : le marché va dans le bon sens, il croît fortement, même s'il vient (revient ?) de loin.
Cependant quelques voix discordantes se font timidement entendre : le e-learning serait en perte de vitesse, à la recherche d'un nouveau souffle ; il aurait commencé de lasser les apprenants, avec ses mascottes, ses animations flash et ses environnements d'apprentissage un peu "ringards" (au moins pour la jeune garde nourrie au biberon de Youtube, Dailymotion ou Facebook), ses principes de navigation et d'ergonomie qui paraissent déjà surranés.
Ces mêmes voix font des propositions pour réduire le fameux "taux d'abandon" qui menace tout dispositif e-learning : utilisation du jeu pour créer un environnement motivant, plongée dans Second Life pour apprendre sans risque et tout aussi ludiquement à travers son avatar, mobilisation des ressources de type Web 2.0...
Rien ne nous oblige à partager ces convictions.. Mais rien n'empêche d'aller y voir de plus près, car il y a peut-être un brin de vérité dans ce constat d'un e-learning qui peine souvent à retenir les apprenants.
Les tenants d'un e-learning en train de "se classiciser" ont tout intérêt à pimenter leur solution d'un zeste de "romantisme" (d'innovation, si l'on préfère !) dès lors que les coûts en restent contenus, et surtout que la pédagogie en sort renforcée et les apprenants plus motivés !
Michel Diaz