Supposant que le e-learning pourrait être à bout de souffle - ce qu'on n'avait pas remarqué -, le séminaire de Charleroi traitera donc du e-learning 2.0, dont le buzz s'est emparé depuis tout de même un an et demi (au moins).
Le e-learning 2.0 est arrivé dans la foulée du Web 2.0 - dont les définitions prolifèrent, ce qui n'est guère rassurant pour notre e-learning nouvelle manière.
Toutefois l'idée générale pourrait être la suivante : de la même façon que le Web 2. est orienté utilisateur, le e-learning 2.0 pourrait être "orienté apprenant".
Cette façon de voir n'est pas absurde, au contraire : dès lors qu'on sort du modèle où les savoirs sont transmis, pour confier une responsabilité grandissante à l'apprenant dans l'acquisition de ceux-ci - et le e-learning, dans son approche générale, est effet et cause à la fois de ce glissement - il est nécessaire que le dispositif suive le mouvement. Que le e-learning se construise à partir et pour l'apprenant ne saurait étonner.
Prenons alors quelques exemples de déclinaisons du concept de e-learning 2.0 :
Les utilisateurs de sites Web 2.0 sont fortement sollicités pour créer eux-mêmes des contenus que le site mettra en ligne ? Sur le même principe, les "apprenants 2.0" sont aimablement conviés à apporter leur contribution personnelle, à défaut de produire des contenus e-learning sur mesure, à un corpus de savoirs qui se construit par là-même en groupe (approche socio constructiviste).
Le Web 2.0 promeut les réseaux sociaux ? Le e-learning 2.0 essaiera de dessiner des communautés d'apprentissage ou de pratique, avec la nouvelle distribution des rôles dont nous parlions plus haut.
Il n'y a pas de Web 2.0 sans rich media, impliquant une "expérience utilisateur" intense (motivante, impliquante, etc.) ? À son tour, le e-learning 2.0 pourrait être l'arme contre la forte propension de l'apprenant à quitter trop vite, pour n'y pas revenir, son parcours de formation, grâce à la mobilisation de la vidéo, de l'interactivité maximale, voire du serious game... ce que laisse sous-entendre le jeu (sic !) de mot du titre donné au séminaire.
Nous pouvons ainsi imaginer ce qui pourra s'échanger au prochain séminaire de Charleroi, qui ne manquera pas de poser en conséquence la question de l'autorité, sinon de compétence au moins de régulation : quelles nouvelles règles doivent présider à la validation, à la mise en ligne et au partage des apports venants de toute part ?
La même question que l'on se pose parfois dans le cas de Wikipédia ; et si les rédacteurs d'articles encyclopédiques à l'ancienne manière, et leurs éditeurs plus encore, ont été bousculés par ces nouvelles façons de produire et de publier des connaissances, on ne voit pas comment les professionnels de l'éducation et de la formation échapperont à la remise en question qu'implique ces nouvelles façons de se former...
Les débats promettent d'être riches et animés.
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