Menée dans le cadre d'un projet de la Commission Européenne, cette étude a permis d'observer pendant deux ans le comportement des seniors vis-à-vis du Web 2.0 : espaces virtuels collaboratifs, blogs et wikis, VoiP, messagerie instantanée, rss / atom...
Deux panels ont participé à l'étude, dans une région scandinave, dans une entreprise indienne. On pourra objecter à ce choix que les scandinaves sont loin d'être les derniers dans l'adoption de ces nouveaux usages, et qu'il y a pire contexte pour mener pareille étude que cette grande entreprise indienne, Mahindra, qui intervient dans de multiples secteurs d'activité – automobile (représentant notamment Renault), services financiers, aciers, ingénierie... IT.
Les seniors étant jusqu'à preuve du contraire des salariés comme les autres, ils ont été observés dans leur milieu (naturel) de travail, au milieu d'équipes (normales) où toutes les tranches d'âge étaient représentées, et non pas dans une sorte de réserve dédiée à la protection des espèces fragiles : on respire !
Que ressort-il de cette étude, pour nous autres, Français, qui avons le triste privilège d'un taux d'emploi de 38,3% sur la tranche 55 – 64 ans, quand la moyenne européenne est de 44,7% ?...
Que la relative incapacité des seniors – et pourquoi pas leur mauvaise volonté ? - à s'approprier les nouveaux usages du Web est un mythe ! Prenez 100 seniors du panel précédent, avec des compétences de base en bureautique et en navigation sur le Net, et formez-les convenablement : 95 d'entre eux intégreront sans difficulté ces nouvelles compétences !
Il faut parfois de ces études, européennes de surcroît, pour enfoncer des portes ouvertes : les plus anciens se souviendront que le même discours du senior inadapté aux nouveaux usages faisait déjà florès avec... la bureautique il y a plus de vingt ans.
Au reste, les familles en savent souvent aussi long (que les études ad hoc), dont les grands-parents utilisent volontiers Skype ou la messagerie instantanée pour communiquer avec leur descendance géographiquement dispersée.
Autre enseignement de l'étude : ces nouveaux outils rapprochent les générations – ce dont on se serait un peu douté... un outil collaboratif, un blog ou un wiki ayant justement pour but de faciliter le partage... sans oublier qu'il donne un inépuisable sujet de conversation aux jeunes et au moins jeunes autour du distributeur de café.
Conclusion à l'usage des Directions de la formation et des responsables eLearning : éviter de perdre son temps avec le « faux problème de l'inter générationnel », et concentrer ses efforts sur la vraie question de la formation des seniors... et des autres !
Pour en savoir plus :
site du projet ESANGATHANSource : LeMondeInformatique.fr