Le baromètre eLearning de la CCIP a donc pour objectif d'observer et d'analyser les tendances et les pratiques des entreprises qui utilisent les TIC pour former leurs salariés et développer leur capital humain. Cependant, le panel consulté a été multiplié par dix, pour être représentatif des entreprises de plus de 50 salariés : plus de 2000 entreprises dont 1740 (de plus de 50 salariés et appartenant à tous les secteurs d'activité) ont été sondées par téléphone, et 319 autres en ligne, à travers leur Responsable de formation ou de RH, voire leur Dirigeant pour les PME.
Du coup, les chiffres semblent bien cruels.
D'abord ces 12% seulement d'entreprises qui disent avoir dispensé des formations en eLearning durant l'année 2007. Commentaire du speaker : « il reste donc une marge de progression importante »... Certes... Surtout si l'on veut bien considérer que les grandes entreprises sont, elles aussi, à la traîne : 31,2% des plus de 1000 salariés, et 21,4% des entreprises de 500 à 1000 salariés nous informent qu'elles ont mis en oeuvre du eLearning. À la réflexion, on n'est pas vraiment surpris : ces chiffres brossent un paysage que les professionnels du eLearning – consultants, éditeurs d'outils ou de contenus, prestataires de réalisation ou hébergeurs de plates-formes eLearning – reconnaîtront sans peine...
Le taux de pénétration du eLearning par secteurs d'activité est lui aussi conforme à ce que l'on en sait, notamment à travers sa forte présence dans la banque et l'assurance, ou, peut-être de façon moins évidente, dans le secteur automobile – ce qui s'explique largement par l'usage croissant que les constructeurs font du eLearning dans la formation de leurs concessionnaires et garagistes ; le GNFA, grand organisme de formation du secteur, y trouvera peut-être matière à se réjouir...
Autre enseignement : la relative nouveauté du eLearning pour 2/3 des entreprises, qui l'ont adopté depuis moins de 3 ans... Digestion forcément en cours : la maturité attendra sans doute encore un peu.
On s'accommoderait de ces chiffres médiocres, si, au moins, les entreprises utilisatrices investissaient massivement... mais 65% de celles-ci y consacrent à peine 5% de leur budget formation, et, pour 52%, le eLearning concerne moins de 5% de leurs salariés. La formation présentielle continue d'avoir de beaux jours devant elle ! Et l'on se prend à sourire des prévisions faramineuses fondées sur un transfert progressif de 20% des budgets de formation présentielle vers le eLearning... Responsables de formation encore un effort !
On retrouve, dans la liste des domaines de formation touchés par le eLearning, les habituels « bons élèves » : bureautique (23%) et informatique (16%), et surtout les langues (56%)... La montée en puissance du DIF joue-t-il un rôle positif ? L'enquête affirme au contraire que « le DIF n'a pas favorisé le développement des formations en e-learning »...
Reste quelques bonnes nouvelles dans cette avalanche de chiffres médiocres : 52% des entreprises utilisatrices accroissent leurs investissements ; elles en redemandent.
À part ça, les participants au meeting ont eu confirmation de ce qu'ils savaient déjà : les modules eLearning sont le plus souvent (51% des cas) suivis par les apprenants à partir de leur poste de travail ; et la part des activités eLearning dans le cadre d'une formation mixte l'emporte largement sur celles des activités présentielles. Preuve de l'immaturité du blended learning dans les entreprises ?
Invités à réagir à ces résultats, respectivement au nom de Crédit Agricole SA et du groupe Air France – KLM, Messieurs Pierre Prevel et Eric de Dreuzy ont laissé entrevoir l'existence de deux écosystèmes : celui des grandes entreprises internationalisées qui mènent en parallèle des dizaines de projets touchant des dizaines de milliers de collaborateurs ; et celui sourdant des profondeurs du baromètre, dont aucun spécimen n'avait été invité à témoigner.





La CCIP photographie le eLearning en entreprise... 





