Maxence Maire, à quel moment d'un projet de contenu eLearning la question de l'interopérabilité avec la plate-forme se pose-t-elle ?
Il vaut mieux que cette question se pose très tôt dans le projet. En fait, juste après la phase de conception qui aboutit au prototype du module eLearning à venir.
Le prototype qui n'est pas le livrable final sert justement à tester la bonne intégration des futurs contenus dans le domaine informatique de l'entreprise et le bon fonctionnement avec la plate-forme (granularité, tracking…).
C'est donc à ce moment que l'on va s'assurer de la compatibilité entre le contenu en cours de développement et la plate-forme eLearning, à travers le respect des normes AICC, Scorm 1.2 ou 2004.
La compatibilité seulement ?
Vérifier l'interopérabilité, c'est important... mais cela ne suffit pas.
La question de la sécurité se pose aussi. Dans les systèmes d'information des entreprises, on trouve souvent des restrictions réseaux (filtres proxy), ne serait-ce que pour empêcher le téléchargement de fichiers sons (mp3) ou de vidéos (flv) depuis les postes utilisateurs. Il appartient au fournisseur qui réalise les contenus eLearning de prendre en compte ce contexte dès l'origine, et de résoudre la difficulté par des techniques de programmation spécifiques.
Rappelons enfin que la bande passante doit être testée, car l'infrastructure – postes apprenants, serveurs, réseau – ne permet pas toujours le passage de fichiers lourds. Un test de charge est donc indiqué, pour rechercher des solutions dans le cas où cette infrastructure est trop limitée. Par exemple la mise en œuvre d'un dispositif de streaming pour les vidéos, ou d'un pré chargement des pages Web.
On comprend que l'entreprise client ait tout intérêt à désigner un interlocuteur technique du prestataire très en amont....
Quels résultats donne en général cette étude technique préalable ?
Le contenu eLearning que le prestataire de réalisation livre à l'entreprise se présente sous la forme d'un « paquet Scorm », c'est-à-dire un fichier zip qui contient les données et le « manifeste IMS » pour les méta données.
À l'expérience, l'intégration d'un contenu eLearning sur le LMS de l'entreprise fonctionne à 90 ou 95% du premier coup !
Il ne reste à faire le plus souvent que très peu d'adaptation. Notamment sur les domaines que la norme Scorm ne couvre pas, comme les bloc-notes.
90 à 95%, c'est déjà beaucoup... pourquoi pas 100% ?!
Les plus grands éditeurs de LMS – SumTotal, Saba ou SAP, par exemple - sont certifiés. Ils ont vérifié la compatibilité de leur plate-forme, avec l’autorité de certification de la norme Scorm. La plupart des autres éditeurs ne peuvent se payer ce luxe ils sont « juste » conforme à la norme.
L'ADL (l'organisme normalisateur) fournit une suite d'outils sur l'Internet, parmi lesquels le « Conformance Test Suite », pour tester l'interopérabilité et la conformité du contenu ou du LMS aux normes Scorm. Les prestataires comme les plates-formistes peuvent mettre en œuvre ces outils à tout moment pour diagnostiquer et résoudre les difficultés éventuelles.





Interopérabilité entre contenus et LMS : c'est grave docteur ? 






