On aurait pu penser le public saturé, après les nombreuses manifestations de ces derniers mois consacrées au Serious Games. Au contraire : on peut estimer que 250 participants se sont pressés au Forum des Serious Games organisé le 3 mars à l'Échangeur Paris par Daesign. Public attentif, venu pour écouter et interroger experts et praticiens sur une thématique parfaitement ciblée : « Des serious games, pour quoi faire ? Recruter, évaluer, former, sensibiliser : pourquoi les jeux vidéo vont révolutionner votre entreprise ».
Premier enseignement du Forum : le Serious Game... c'est du sérieux ! Présentés par Gilles Simoncini de Renault et Christophe Campanaud d'Axa, deux entreprises qui n'ont pas la réputation de plaisanter avec la formation de leur personnel, les deux business cases traitant de la formation d'un réseau commercial attestent du haut niveau de service rendu par cette nouvelle approche.
À l'inévitable question : « qu'est-ce que le Serious Game apporte de plus qu'un contenu eLearning classique ? », les intervenants ont répondu de façon plutôt convaincante. Le Serious Game est certes ludique, immersif ; surtout il rend l'apprenant véritablement acteur de sa formation grâce aux nombreuses simulations qui lui sont proposées. C'est dans ce droit à l'erreur mis au service du « learning by doing » que se trouve la plus grande différence entre Serious Game et eLearning habituel.
Le moteur de dialogue AVA, qui est au cœur de la technologie Daesign, permet de créer une multitude de situations qui simulent la vie professionnelle au bureau ou dans l'atelier. Chaque réponse de l'apprenant induit une nouvelle situation qui présente de nouvelles questions, et ainsi de suite. Le eLearning est incapable de suivre ce rythme, sauf à investir des sommes colossales en conception... ou en maintenance, là où le moteur AVA incorporera facilement de nouvelles situations ou permettra de modifier tout aussi rapidement des situations existantes.
Deuxième leçon : le Serious Game, ce n'est pas aussi cher qu'on peut le croire. Du coup, les PME n'en sont pas exclues. La preuve en a été fournie par l'Opcalia avec « Entre deux », son projet de formation des managers de PME voire de TPE à la conduite d'entretiens professionnels. L'investissement de 120 K€ (communication incluse) reste raisonnable au vu des possibilités qu'offre ce dispositif de formation. Les managers peuvent en effet s'évaluer et se former à l'aide de l'arsenal classique de quiz, de fiches d'information imprimables, etc. Surtout ils vont endosser un rôle virtuel supporté par l'avatar qu'ils auront choisi (Marion ou Pierre) et se lancer dans une série de simulations autour d'un entretien professionnel en (presque) grandeur nature... Frissons garantis !
Julien Viteau, philosophe et Directeur Méthodes et Innovation du Cabinet Aleteya, a témoigné que le Serious Game se prête bien à la formation des entreprises pour lutter contre les discriminations. Jérôme Lebrun, consultant pour la "Mission Handicap" d'Alcatel Lucent, en a aussi montré tout l'intérêt, le Serious Game trouvant ainsi sa place pour répondre à des besoins souvent mal pris en compte dans les dispositifs de formation plus classiques.
Prochaine possibilité de s'informer sur les Serious Games : la conférence « Serious Game : phénomène de mode ou bien outil d'avenir ? » qui se tiendra dans le cadre du salon eLearning Expo le 12 mars à 10h.





Grande affluence au récent Forum des serious games de Daesign 






