e-learning-infos.com : Roland Sauter, quel a été le parcours de la société STS et de ses dirigeants ?
Roland Sauter
Venant d'une start-up informatique où j'ai passé 10 ans à courir le monde comme responsable du développement, j'ai créé la société STS en 1996.
L'idée initiale était de proposer des formations au management de projet. De façon « traditionnelle » : formation en salle, le plus souvent en intra entreprise pour répondre à des besoins spécifiques.
Il s'est rapidement avéré que nous avions besoin d'outils pour rendre ces formations plus efficaces. D'où Simultrain : le simulateur de gestion de projet qui a fait connaître STS, et dont la conception et le développement ont duré environ 3 ans, que j'ai mis à profit pour décrocher en parallèle un doctorat sur la simulation de projet...
Depuis la première commercialisation de Simultrain il y a 12 ans, nous continuons d'avoir une à deux personnes à plein temps sur les évolutions techniques et fonctionnelles du produit. Nous prenons en effet sérieusement en compte les remarques et les suggestions de nos clients comme de nos formateurs pour améliorer le simulateur et la méthode. Je précise à ce propos que les spécifications de Simultrain sont à l'origine largement issues de 2 enquêtes que nous avons menées auprès de 800 Chefs de projet, notamment sur les difficultés qu'ils pouvaient rencontrer dans le management de projet.
L'année 1999 a été importante pour STS : nous avons lancé nos produits « eLearning » en Management de Projet, pour répondre à la demande des entreprises qui souhaitent réduire les temps de présentiel, Simultrain à proprement parler continuant d'être utilisé dans le cadre de formation collective en salle.
Aujourd'hui les apprenants se forment donc pour partie en ligne, à partir du navigateur installé sur leur poste de travail, sans besoin d'autre plugin que le lecteur Flash, et pour partie en présentiel. Les produits en ligne leur permettent aussi de s'évaluer en amont comme tout au long de leur formation grâce à une batterie de quiz.
Comment pourriez-vous caractériser le marché de STS ?
STS s'adresse à deux types de clients.
D'abord de grandes entreprises internationales telles que ABB, Alstom ou Nestlé qui utilisent nos produits et services pour former ou certifier leurs collaborateurs au management de projet. De plus en plus d'activités, dans tous les secteurs, se font en mode projet, notamment bien sûr les grands projets, dans le domaine informatique ou le lancement d'un nouveau produit. Mais aussi de plus en plus de « petits projets » sur lesquels un nombre croissant d'entreprises veulent se professionnaliser.
En complément, STS distribue ses produits via des instituts de formation indépendants, dans une trentaine de pays. Ces organismes apportent leur propre valeur ajoutée en intégrant nos produits dans leur offre de formation au management de projet, après avoir suivi le plus souvent une courte formation en ligne pour se familiariser dessus.
Concrètement comment Simultrain s'intègre dans les formations présentielles ?
Le simulateur propose une véritable « étude de cas vivante ». Le jeu – car il s'agit bien d'une sorte de serious game – se joue en équipe : les apprenants sont plongés dans une situation qui simule au plus près ce qu'ils vivent ou vivront dans leur travail... Contrainte de temps, car il n'y a pas de projet dans date-butoir ! Stress, avec des événements qui viennent perturber le long fleuve tranquille, un membre de l'équipe absent, une demande imprévue, un chef de projet en colère, un email intempestif auquel il faut répondre au plus vite... Les apprenants ont à prendre des décisions rapides comme ils auraient à le faire sur un vrai projet.
Cette étude de cas dure 8 heures, debriefing inclus, sur une formation de 2 à 3 jours en moyenne.
Nous avons particulièrement soigné la pédagogie, ce qui explique que Simultrain touche un public très large de professionnels... et d'étudiants, puisque 160 universités européennes se servent du simulateur dans leurs programmes de formation au management de projet. Ces étudiants rejoignent nos 70 000 apprenants déjà formés, dans de nombreux pays, Simultrain étant traduit dans une quinzaine de langues dont le Japonais et le Coréen...
Vous avez annoncé le rapprochement de STS avec le groupe Demos il y a de cela quelques semaines. À quelle logique ce rapprochement obéit-il pour STS ?
Nos produits rencontrent beaucoup de succès, parce qu'ils n'ont pas véritablement de concurrence, au moins en Europe. La qualité de notre offre résulte des efforts importants et soutenus d'une équipe de 12 collaborateurs essentiellement constituée de pédagogues et de développeurs...
Le chiffre d'affaire en témoigne : il a été supérieur à 2 millions d'euros sur le dernier exercice, équitablement réparti entre nos formations présentielles, les ventes de Simultrain, et notre offre eLearning.
Ceci dit, nous avions l'ambition de pérenniser l'entreprise et de développer nos ventes dans des pays où nous ne sommes pas encore présents.
Le rapprochement avec le groupe Demos, l'un des leaders européens de la formation professionnelle et de la gestion des compétences, s'est naturellement imposé. Nous pouvons nous appuyer sur leur savoir-faire marketing et leurs nombreuses implantations – Royaume-Uni, États-Unis, Chine ou Espagne, en particulier – où STS n'était pas présent jusque-là.
quelle est l'actualité de STS ?
Nous devrions sortir rapidement la version 7 de Simultrain qui a été « réécrit » de A à Z en Flash Action Script, de façon à pouvoir être distribué très facilement sur de multiples plates-formes et à intégrer tout aussi vite des nouvelles langues.
Nous étudions aussi l'ajout de nouvelles fonctionnalités telles que la gestion des risques ou celle des fournisseurs. Surtout, notre simulateur permettra à l'avenir de former des équipes projets au sein d'un espace collaboratif virtuel : des équipes réparties dans le monde entier pourront ainsi se former sur les techniques de collaboration..
Nous n'aurons alors plus besoin de réunir physiquement les apprenants qui se forment au management de projet dans le cadre d'études de cas traitées en équipe.
Propos recueillis par Michel Diaz





STS : simulation et blended learning pour se former à la gestion de projet 






