On voit mal comment les projets eLearning échapperont à la traque des coûts qui sévit actuellement dans les entreprises. Même s’ils restent relativement protégés par leur réputation de permettre de belles économies, en particulier sur les frais de séjour et de déplacement liés à la formation…
Les responsables eLearning devront défendre sérieusement leur budget, surtout s’ils en demandent l'augmentation !
Première règle : parler le même langage que celui des membres du comité de direction. Pour commencer : en quoi, précisément, les investissements passés ont contribué à l’enrichissement et à la performance de l’entreprise, en quoi ils ont soutenu sa stratégie ?
On se méprendrait gravement à imaginer les hautes sphères de l’entreprise comme de purs cénacles platoniciens devisant gravement sur la beauté, l’harmonie républicaine ou la dernière mode managériale. Cela, c’est réservé à la troisième mi-temps. Pendant le match au contraire, il s’agit d’être pragmatique, de faire le compte de ses forces, et de les utiliser au mieux pour marquer des buts contre un adversaire souvent nerveux.
Les responsables eLearning sont tenus, s’ils veulent être pris au sérieux, d’intégrer cette dimension : leurs projets ont un coût, ils consomment du capital, des ressources, dont il leur faut répondre de l’emploi. Si possible meilleur que celui d’autres projets soumis par d’autres directions… Piste : à défaut de calculer le (souvent introuvable) ROI, il est toujours possible de chiffrer les économies qui auront pu être réalisées par rapport à une solution de formation présentielle. Et, s’appuyant sur des méthodes qui ont fait leurs preuves, par exemple dans les investissements informatiques, de présenter une modélisation convaincante.
L’élaboration de ce dossier d'argumentation (« de preuve ») implique que le responsable eLearning dispose préalablement d’un grand nombre d'informations structurées courant parfois sur plusieurs années. Il suppose aussi l'utilisation d'outils d'analyse et de restitution convaincants… Il n’est jamais trop tard pour commencer !
Aussi, la logique financière ne saurait suffire : il est nécessaire de mettre en avant divers avantages du dispositif eLearning tels que le niveau de service et de satisfaction des clients internes, en particulier des managers et collaborateurs des directions métiers (souvent aux avant-postes de la guerre économique), la contribution du eLearning à la compétitivité de l'entreprise, etc.
Certains avantages semblent difficiles à quantifier ? Il reste toujours possible d'en assurer un premier niveau d'objectivation. Pour leur donner plus de poids, par exemple à travers une enquête de satisfaction auprès des bénéficiaires du dispositif.
Et la communication des nombreux bénéfices du eLearning demande un timing, des formes, une précision dans le choix des cibles et des messages qu'il vaut mieux ne pas abandonner au hasard...
Ces savoir-faire, parmi d’autres, prennent une importance cruciale à mesure que les dispositifs eLearning gagnent en visibilité et en crédibilité dans l’entreprise. Ils devront entrer dans le « bagage » de tout responsable eLearning.
Michel Diaz, Directeur associé www.fefaur.com





Responsable eLearning en période de crise... et après ? 






