Selon le cabinet Precepta, trois facteurs majeurs de changement vont modifier le contexte dans lequel exercent les organismes de formation privés.
Le développement du eLearning de ses dérivés, tout d’abord, dont la charge d’investissement constitue selon Precepta une véritable barrière à l’entrée des petits organismes de formation. Certes.
Encore faut-il trier entre ces investissements. Et si le lancement d’un catalogue eLearning sur étagère généraliste, comme celui du groupe Cegos (qui a investi 20 millions d’euros dans l’opération selon Jacques Coquerel, son Président), est à l’évidence réservé aux (très) grands opérateurs de formation, les stratégies alternatives ne manquent pas, en particulier pour les organismes de formation qui adressent une niche de marché avec des produits de formation (courseware) déjà bien structurés…
Le ré engineering des formations présentielles ne doit pas être forcément conçu comme une révolution. Une stratégie d’intégration pas à pas du eLearning, à partir du "cœur présentiel", peut permettre aux organismes de formation de taille moyenne, voire aux TPE, d’être somme toute en phase avec la demande de leurs clients qui souhaitent tout autant avancer prudemment. Quant à la plateforme technologique de diffusion des contenus, le choix existe, et les prix sont devenus nettement plus sages...
Deuxième facteur relevé par Precepta : l’externalisation de la gestion administrative de la formation et l’intervention croissante des services achats. A l’Ouest, rien de nouveau : cette tendance à l’externalisation des activités non stratégiques est générale. Et le bon sens suggère que la gestion administrative de la formation ne devrait pas y échapper…
Pourtant, les rares exemples manquent de souffle. Ce sont en effet des expérimentations doublement locales : réduites à une entité géographique et à un périmètre fonctionnel congru…
De fait, l’offre a le plus grand mal à décoller. C’est que les économies possibles sont plutôt faibles. L’externalisation vaut surtout par le différentiel des coûts salariaux entre le « pays délocalisateur » et le pays qui reçoit le marché. Or celle de la gestion administrative de la formation se fait entre deux entreprises… françaises. Car il faut vraiment être bien de chez nous, en ces temps d'exception française, pour se sentir à l'aise avec les subtilités de notre système de formation professionnelle ! Autre raison de fond : la gestion de la formation professionnelle n'est pas si consommatrice de ressources humaines (on est loin des bataillons d'informaticiens nécessaires à la maintenance des grands systèmes d'information, qui font le succès de l'off shoring indien).
Relevons au passage une difficulté du côté de l’offre : le niveau de complexité et les investissements d’une telle externalisation supposent une expérience et des moyens qui se trouvent chez les grands opérateurs de formation… Que le prestataire d’externalisation ne manquera pas de mettre en concurrence pour défendre au mieux les intérêts de son client… L’organisme de formation aura beau créer une entité ad hoc pour assurer l’externalisation, et poser une frontière étanche (ce qu'on appelle la « muraille de Chine » dans le monde du logiciel), la configuration générale sera source de conflits.
Troisième facteur : la responsabilisation croissante de l’individu dans sa formation. Ce consumérisme n’est pas nouveau. Il touche la formation professionnelle comme l’école. Si les salariés continuent largement de piocher dans les offres de formation validées par les Services de formation, rien ne leur interdit de vérifier à quels organismes ils ont à faire, ni de faire une contre-proposition à leur hiérarchie. D’autant plus qu’ils sont dorénavant propriétaires d’un droit de tirage avec le DIF.
Les petits organismes de formation ne sont pas pourtant hors jeu dans cette course à l'audience. L’Internet qui permet à l’apprenant de s’informer, est aussi un formidable outil promotionnel pour ces TPE de la formation ! Lesquelles peuvent donner une grande visibilité à leur offre moyennant un investissement qui n’excède pas quelques centaines d’euros par an, contre les dizaines de milliers d’euros qu’il fallait autrefois dépenser dans les gros catalogues papier.
Quelle que soit leur taille, les organismes de formation devront s’adapter au contexte de la formation tel qu’il se dessine sous cette triple influence… On aurait tort d'imaginer que les plus petits sont exclus d'avance de la compétition qui s'annonce.
Michel Diaz





Les organismes de formation confrontés au changement… 







