Il est difficile d’obtenir des informations fiables sur la santé des organismes de formation et des acteurs du eLearning. Et quand ils publient leurs chiffres, c’est souvent 6 ou 8 mois après la fin de leur exercice social… Sauf pour les rares entreprises astreintes à une discipline plus rigoureuse parce qu’elles sont côtées sur un marché boursier.
D’où l’intérêt suscité par les résultats que Demos, l’un des tout premiers groupes de formation européens, côté sur Alternext, vient d’annoncer.
Venant après des années de croissance à 2 chiffres, le chiffre d’affaires du groupe marque le pas avec une légère érosion à 96,15 millions d’euros contre 97,46 en 2008. Le résultat net part du groupe enregistre une diminution plus sévère à 577,000 contre 4,01 millions d’euros.
Parmi les déconvenues, il faut s’arrêter sur celle du eLearning dont les 12% de croissance (tout de même !) sont en deçà des espoirs que le groupe pouvait fonder sur l’importance de ses investissements, notamment dans son impressionnant catalogue de contenus sur étagère.
Le calcul semblait (et semble toujours) bon : les entreprises devraient réserver une part croissante de leur budget formation au eLearning, avec des taux prévus, dans les prochaines années, de 10 à 25% en fonction de leur secteur d’activité (de l’industrie à la banque).
Un opérateur de la taille de Demos ne peut à l’évidence laisser planer une telle menace sur son coeur de métier constitué des activités de formation présentielle… Le hic, c’est que les entreprises ne vont pas vers le eLearning aussi vite qu’on pourrait l’imaginer… Ce qui doit en agacer plus d’un !
La question du timing est donc doublement posée, à Demos, comme aux autres leaders de la formation.
Comment se mettre en phase avec le rythme des entreprises, avec une bonne allocation de ressources, ni trop tôt ni trop tard, dans la cadence…? Affaire de Kairos !
Surtout : quelle est la durée de vie d’un catalogue eLearning sur étagère ? Si le recul nous permet de connaître la réponse – 5 à 10 ans – pour les premiers arrivés, qui ont bénéficié de l’effet nouveauté, rien ne permet d’affirmer qu’il en sera de même pour les outsiders, même les plus sérieux… La concurrence s’est intensifiée et des nouvelles modalités (le Serious Game, par exemple) viennent disputer l’attention des clients.
Il n’en reste pas moins que l’expérience eLearning acquise ces dernières années par Demos constitue un précieux actif qui pourrait bien faire la différence à l’avenir.
Michel Diaz





Demos publie ses résultats 2009 : une bonne indication sur le marché de la formation… et du eLearning 






